Martine Gasnier
Lorsque j’ai croisé la peinture de STEPK, je venais de relire le « Voyage au bout de la nuit » et demeurai, comme à chaque fois, bouleversée par ce roman célinien dont on connaît le retentissement. Le voyage de Bardamu commence dans l’horreur des champs de bataille et finit dans un asile d’aliénés : nulle rédemption, c’est toute la vie qui est ratée. Cet irrémédiable désespoir je l’ai retrouvé intact, si j’ose dire sur les « gueules d’anges » de STEPK.
Il est loin le paradis de l’enfance où les divines créatures ailées flottent, comme en apesanteur, dans un état de sérénité suprême, ce que nous montre l’artiste a plutôt à voir avec l’enfer. Les visages torturés, défigurés, s’offrent dans toute leur nudité qui n’est que tourments et misère. Ils forment l’armée des gueux et pour cette armée là le peintre éprouve une tendresse compatissante.
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Scène Nationale 61
Dans le cadre de l'exposition à la Scène Nationale 61 d'Alençon / février > mars 2012

Stepk est un peintre humaniste. Peinture passion. Pour cet artiste sans fard, l'encre sied à sa peinture. Cette encre, il la connaît bien. La couleur noire est aussi celle de la misère. Avec elle, Stepk s'engage à nous parler de « l'être ». Ses Gueules d'anges ne sont pas ces figures séduisantes, éthérées, qui rayonnent dans le lissé, le poli, et dont les visages se multiplient à outrance dans les magazines. Ses Gueules d'anges transpirent. L'espace d'un instant, il a vu ces visages éclairés par la souffrance. Eperdus, il les a vus s'annihiler… Stepk refuse de les abandonner. Il les conserve en lui. Sa peinture les réhabilite dans leur droit d'exister, de crier, de parler douleur, de se « défigurer », de se fondre dans la masse. Pour exister autrement ?
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Exposition à la galerie de Pierre et Marie Vitoux

Quand le visage perd la face il s engouffre dans la folie pour mieux accepter la raison. Ces gueules d'anges sont à l'image d’un monde ou le visage perd son âme. Stepk

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Texte de l'exposition à la galerie de Pierre Marie Vitoux en mai 2009
 
Christian Noorbergen


Stepk défigure à la serpe, à la hache, au bulldozer. Stepk est une brute au doigté de papillon. Ca coule, ça suinte, et ça griffe. Ca décapite, ça cogne et ça déchire son art. Poussières maculées, cicatrices de matières et coups tordus font ces gueules fracassées, ces ombres maudites et ces délicates coulées d’âme. Stepk écrase les couleurs, et ça donne un magma d’une cruelle densité, d’une implacable tension, d’une fulgurance aux yeux béants de malheur. Stepk est un dur qui défigure la tendresse. Ses meurtrissures embrasent et embrassent.

Christian NOORBERGEN, 2009

Dans le cadre de l'exposition : quand le visage perd sa face

 
Patrick Salètes

ANGE REBELLE

 

La chute des Anges consacre la victoire de Dieu.

L'archange Lucifer entraîne avec lui dans sa chute la cohorte des anges rebelles. C'est la défaite du « Porteur de Lumière », et la victoire de l'obscurantisme.

Stepk, peintre archange et homme rebelle, inverse la chute : par ses tableaux, il proclame la déchéance de Dieu, la victoire de la lumière, de la couleur, l'avènement de la rébellion permanente.

Stepk, comme le Christ aux Oliviers de Gérard de Nerval, nous crie, nous hurle sa sublime révélation:

 

« Non, Dieu n’existe pas ! »

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« Le dieu manque à l’autel où je suis la victime...
Dieu n’est pas ! Dieu n’est plus ! »

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« En cherchant l’œil de Dieu, je n’ai vu qu’un orbite
Vaste, noir et sans fond, d’où la nuit qui l’habite
Rayonne sur le monde et s’épaissit toujours ... »

 

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